mercredi 23 mai 2012

Rubrique Cimino


Et voilà ma troisième année universitaire est finie. Mais ne vous inquiétez pas, le blog lui continue. Veuillez m’excuser de n’avoir pu actualiser mon blog ces derniers temps. J’ai été un peu prise pas les examens, rendu de dossiers.

Je me suis rendue compte que je n’avais même pas eu le temps de vous raconter un peu la conférence à laquelle je suis allée il y a de cela déjà deux semaines. Il s’agissait de la conférence animée par Stéphane BOURGOIN, criminologue et spécialiste des tueurs en série.

Il faut savoir que Stéphane BOURGOIN ne s’est pas intéressé aux tueurs en série par hasard. A l’époque où il vivait à Los Angeles, sa compagne a malheureusement croisé le chemin de l’un d’eux. Elle fut violée et tuée par un serial killer. Stéphane BOURGOIN cherche alors à les rencontrer pour essayer de comprendre leur fonctionnement et le « pourquoi » de leurs actes.

Stéphane BOURGOIN sillonne le monde entier à la rencontre des tueurs en série.
Au cours de la conférence il nous a diffusé un de ses reportage sur l’interview de Donald HARVEY plus connu sous le nom de « l’infirmier de la mort ». Il se trouve actuellement emprisonné à perpétuité dans la prison de l’Ohio. Il a été condamné pour 35 crimes environ, mais en a avoué depuis près de 87. Il a échappé à la peine de mort, sa seule frayeur. Ce phénomène rend compte d’un égocentrisme puissant, ce qui compte c’est lui.

Je vous cite quelques éléments concernant Donald Harvey :
-          Les victimes sont choisies au hasard (homme ou femme), il tue les patients qu’il avait à sa charge
-          Il commence par des meurtres par étouffement puis par empoisonnement (il utilise de préférence le cyanure car comme il le dit « c’est efficace et rapide »). D. Harvey va même jusqu’à expérimenter des poisons sur lui. Il note leur efficacité dans un carnet.
-          Il est très méticuleux (il note tout), il tient même un carnet où il note le nom de chaque victime = liste macabre.
-          Il aime assister à l’agonie de ses victimes, on parle alors de plénitude du sadisme. Il parle de « montagne russe », à chaque victime ca devenait plus facile.
-          Lors de ses aveux il se souvient exactement de chaque victime, de leur nom, de leur numéro de chambre et de la manière avec laquelle il les a tués.
-          Il pratique l’occultisme. D. Harvey dit avoir un double. Dunkan serait son mythe spirituel.
-          Il a une structure familiale complexe. Il ne s’est jamais remis de la mort de son père et sa mère était trop occupée avec d’autres hommes. D. Harvey était un enfant violé dès l’âge de trois ans par un jeune garçon de 8 ans son ainé, à tel point qu’il éprouvait des sentiments pour son agresseur. Cela a duré 20 ans. D. Harvey est issu d’une famille pauvre avec des antécédents alcooliques. Il choisit le métier d’infirmier car pour lui « c’était la seule partie de ma vie où c’était moi qui avait le contrôle ». Il pouvait contrôler la vie et la mort de ses patients. Il n’était plus en position de victime.

Le visionnage de ce documentaire m’a  donné froid dans le dos. Ce qui m’aura le plus interpellé, c’est le calme et la sérénité avec laquelle Donald Harvey nous parle de ses meurtres. Ce jour là il s’était même rasé, maquillé et sa chemise était repassée. Pour lui, ce jour d’interview était l’occasion de faire à nouveau parler de lui. A chaque rencontre, Il avoue d’autres crimes. Saurons-nous un jour le véritable nombre de victimes qu’il aura fait ?

Stéphane BOURGOIN a rencontré bien d’autres sérials killer. Il a écrit de nombreux ouvrages les concernant. Je suis en train d’en lire un et je vous le recommande fortement. Par contre, âme sensible s’abstenir. Les propos peuvent être assez crus étant donné que chaque meurtre est décrit en détails.
S. Bourgoin. (2004). Le livre noir des sérial killers, (ed) Grasset

Stéphane BOURGOIN tient également un site internet où il partage l’actualité de ces sérials killers :

Dans la tête des tueurs en série


mercredi 28 mars 2012

Syndrome de Capgras

Le syndrome de Capgras appelé encore "délire d'illusion des sosies" correspond à un trouble psychiatrique appartenant au groupe des psychoses chroniques non dissociatives. 

Les personnes atteintes de ce syndrome affirment que les personnes de son entourage proche ont été remplacées par des sosies qui leur ressemble parfaitement, bien qu'elles soient tout à fait capable d'identifier la physionomie des visages. Il n'y a pas de dysfonctionnement visuel. C'est d'ailleurs pour cela que l'on pourra distinguer les personnes atteintes de prosopagnosies (trouble de la reconnaissance des visages) et celles atteintes du syndrome de Capgras. De plus, les prosopagnosiques sont convaincus de leurs déficits, ils les reconnaissent, alors que, les personnes atteintes du syndrome de Capgras refusent d'admettre leur erreur d'identification.

L'objet du délire chez eux sont les proches ; "personnes auxquelles le malade est lié par un sentiment affectif profond" (Capgras). Ces "sosies" sont considérés comme des imposteurs malveillants.

Il ne s'agit pas d'une fausse reconnaissance des visages des proches mais une méconnaissance, une agnosie d'identification qui ne semble pas être le résultat d'une erreur de perception, mais plutôt, la résultante d'une interprétation d'ordre affectif. 

Tout ce qui est de l'ordre de l'affect semble jouer un rôle de premier plan dans l'étiologie de ce syndrome.

Quelques théoriciens tentent de comprendre l'origine de ce syndrome en le rapprochant du complexe d'Oedipe. Affaire à suivre ....

Je vous propose un documentaire sur le sujet ci-dessous :


dimanche 25 mars 2012

Ces nouvelles addictions qui nous font peur !!!

Nous savons tous que l’alcool, le tabac, les opiacés, la cocaïne et toutes les autres substances psychoactives (caféine) peuvent faire l’objet de conduites addictives. Mais au XXIème siècle, de nouvelles addictions émergent, dues notamment à la société de consommation dans laquelle nous baignons aujourd’hui et qui nous pousse dans l’accomplissement de nos désirs. L’objet d’addiction devient l’objet de jouissance recherché.

Quelles sont ces nouvelles addictions ?

Avant de les énumérer, il serait judicieux de vous rappeler ce qu’est une personne « addict » (peu importe l’objet d’addiction)
Une personne dépendante, c’est quelqu’un qui ne peut plus se passer de consommer une substance, sous peine de souffrance physique et psychique. Ces troubles de manque appelés « syndrome de sevrage » peuvent être extrêmement douloureux.

Il existe 4 niveaux de dépendance :
-          Impossibilité de résister au besoin de consommation
-          Anxiété avant la consommation
-          Perte de contrôle de soi pendant la consommation
-          Soulagement ressentit après la consommation

Après avoir défini la dépendance, il est important de bien différencier les différents niveaux d’usages :
-          L’usage simple (il n’est pas dangereux pour la santé de la personne et celle des autres)
-          L’abus
-          L’usage nocif (consommation préjudiciable à la santé de l’usager et de celle des autres)

L’addiction n’est pas seulement due à une substance (bien qu’un phénomène neurobiologique se mette en place – cf : circuit de la récompense + neurotransmetteurs) mais elle est surtout due à l’utilisation que l’on va faire du produit. Le contexte environnemental, social, sentimental et la manière dont la personne va être (psychologiquement) à ce moment là, vont jouer un rôle extrêmement important. Pour Olievenstein, l’addiction « c’est la rencontre d’un produit, d’une personnalité et d’un moment socio-culturel » (modèle Trivarié d’Olievenstein)

Sur ce modèle, on peu très largement étendre le domaine de l’addiction. On y retrouve, internet et la cyberdépendance (jeux vidéo avec l’immersion dans le virtuel, mais aussi les réseaux sociaux et les sites de rencontres), les jeux d’argents, les achats compulsifs, les addictions sexuelles, les « love » addicts, les tatouages…

Les addictions aux jeux d’argent : phénomène de plus en plus répandu. Pourquoi commence-t-on à jouer ? Le jeu tue l’ennui (recherche de sensations, prise de risques).
Mais, ces jeux d’argent provoquent un phénomène d’accoutumance et ce qui était plaisir devient idée fixe, ce qui était divertissement devient obsession et source d’angoisse.

Il existe différents types de joueurs :
-          Le joueur occasionnel ou « social » (pratique récréative, on parle de « joueur du dimanche »)
-          Le joueur pathologique (prise habituelle de risques, intérêt constamment centré sur le jeu, optimisme inentamé par la défaite, tant qu’il gagne le joueur ne peut s’arrêter, augmentation des mises, expérimentation d’une sensation intense au moment du pari)

Evolution en 5 phases : initiation (inscription par curiosité), accoutumance, besoin, souffrance (rien ne compte plus apparts jouer), conséquences (ruine financière, perte sociale, trouble du sommeil et de l’appétit)

On peut retrouver de la comorbidité chez ces joueurs pathologiques : troubles de l’humeur, dépression, personnalités dyssociales, polyconsommation (alcool, drogues), troubles alimentaires (boulimie)
La cyberdépendance : des jeux où l’on s’invente une vie = « lil’life » ou « second life » (simulateur de vie). Ces jeux ont des répercussions énormes sur la vie d’une personne. La vie sociale est altérée, le joueur se renfermant dans ce jeu. Pour illustrer cette partie, je vous propose de vous rediriger vers un film « l’autre monde » réalisé par Gilles Marchand.


L’addiction est un phénomène qui est pluridisciplinaire et qui peut ainsi toucher toutes les populations. Etre dépendant, ce n’est plus seulement être « alcoolique ». On peut être dépendant sans boire d’alcool, puisqu’on a bien vu que la dépendance ne se réduisait pas à la substance « alcool ».

Pour finir, je citerai Thierry Roth (psychologue clinicien, psychanalyste) :

« Dans notre société où l’objet est roi, où le sacrifice et le manque ne sont absolument plus prônés comme nécessaires par le discours social, il apparait que l’addiction est logiquement devenue un problème massif : si les addict véritablement malades ne sont tout de même pas la majorité, ils pourraient bien être le versant pathologique de l’addiction normale commune » 

dimanche 12 février 2012

Soigner la dépression par électrochocs ?

Le retour des électrochocs au XXIème siècle fait l’objet de nombreuses controverses au sein de l’APA (association américaine de psychiatrie) et d’autres praticiens.

L’utilisation d’électrochocs comme moyen thérapeutique semble un peu barbare, c’est pour ça qu’aujourd’hui on préfèrera parler de sismothérapie ou encore d’électroconvulsivothérapie (ECT).

L’électroconvulsivothérapie s’adresse aux patients présentant un épisode dépressif majeur d’intensité sévère (mélancolies graves). Cette pratique est, bien sûr, indolore pour le patient et est pratiquée sous anesthésie générale.

Controverse : Un moyen efficace pour lutter contre la dépression mais un « poison » pour les fonctions cognitives !

En effet, il a été démontré que le courant électrique délivré par l’ECT modifierait la plasticité neuronale favorisant la mise en place de nouvelles connexions. Ainsi, des patients qui ne répondaient pas préalablement aux traitements médicamenteux, y répondent positivement à la suite de l’ECT. Selon une étude de l’APA (1994), 80% des dépressions rebelles à tout traitement cèdent sous l’ECT. (1)

Cependant, bien que l’ECT ait fait ses preuves sur ses capacités à diminuer les états dépressifs majeurs, des effets secondaires ont été rapportés par de nombreux patients. Les traitements par ECT comportent, en effet, des risques non négligeables : troubles de la mémoire, de l’orientation et des fonctions cognitives pouvant perdurer jusqu’à 6 mois après le traitement. (2)

(1)    American Psychiatric Association, la pratique de l’électroconvulsivothérapie. Recommandations pour l’utilisation thérapeutique, Paris, Masson, 1994, traduit par J. Tignol et M. Auriacombe.
(2)    M. Briand. Le retour des électrochocs. Le cercle psy , Juin/Juillet/Aout 2011, p30-33


jeudi 9 février 2012

Une nouvelle pratique thérapeutique : l'équithérapie

L'équithérapie, vous connaissez ? 

Il s'agit d'une pratique thérapeutique médiatisée par le cheval. On parle encore de "médiation par le cheval". 
Le cheval est devenu un allié pour le thérapeute pour soigner les maux de ses patients dans ses dimensions psychiques et corporelles. 

Objectifs du soin : La diminution des symptômes psychopathologiques, le mieux-être et le sentiment de confort. L'équithérapie n'est pas un traitement direct des maladies somatiques ou de troubles moteurs, mais bien une intervention touchant à l'esprit, au moral et à la personnalité. 

L'intérêt de l'utilisation du cheval :
Il s'explique par ses qualités en tant qu'être vivant ayant un appareil psychique propre, relativement simple, doux et chaud, socialement valorisant et adapté, apte à accepter les projections, apte au dialogue sur un mode archaïque, digne d'intérêt et de  soin. Bien sur, ces qualités ne font pas du cheval un thérapeute mais bien un outil, utilisé par un thérapeute pour  rendre possible une amélioration d'une pathologie psychique ou d'un mal être. 

Pour plus d'informations sur l'équithérapie rendez-vous sur le site internet de la Fédération Française d'Equithérapie : http://sfequitherapie.free.fr


"Les chevaux vont redonner un sens à sa vie"


AGENDA 2012

Journées d'études : PARIS les 17 et 18 mars 2012

Les troubles qu'on appelle bipolaires et la psychanalyse 

Journées d'études organisées par l'Espace analytique, l'Association de formation psychanalytique et de recherches freudiennes. 

Intervenants : J.-J.Moscovitz, C.Hoffmann, M.David, B.Toboul, A.Vanier et C.Vanier 

Lieu : Faculté de médecine des Saints-Pères 

Renseignements : www.espace-analytique.org