L’hallucination :
Qu’est ce que c’est ?
C’est percevoir ou entendre quelque chose qui ne se produit pas réellement. L’hallucination peut prendre plusieurs formes : auditive, visuelle, olfactive, gustative, etc… . La forme auditive est par ailleurs la plus fréquente. L’hallucination n’est pas forcément pathologique. On a tous, à un moment ou un autre, eu l’impression d’entendre ou voir quelque chose qui n’existait pas en réalité, le résultat ou fruit de notre imagination, comme on dit. On parle d’hallucination dites « normales » . la question que l’on pourrait se poser est jusqu’où cette hallucination peut être normale, et à partir de quel moment doit-on s’inquiéter ?
Le problème qui se pose est que, chez le malade, ces perceptions hallucinatoires se produisent régulièrement et lui parait tout à fait réelles. Il est donc difficile pour lui de se rendre chez le médecin.
On retrouve 3 typologies d’hallucinations :
- les hallucinations psychosensorielles - elles présentent tous les attributs d’une vraie perception, elles touchent tous les sens. Les causes de ces hallucinations sont souvent d’origine organique (prise de drogues, d’alcool). On parle alors de délire alcoolique. Quand la prise de drogues est régulière et à forte dose, les hallucinations peuvent devenir chroniques.
- les hallucinations psychiques : Elles correspondent à des représentations mentales qui s’imposent à la pensée du sujet, comme les voix intérieures. Image mentale avec la représentation de scènes déjà vécues.
- le syndrome d’automatisme mental (écho de la pensée, écho de la lecture, commentaire d’actes) Clérambault – « production spontanée et involontaire d’idées, d’impressions qui vont s’imposer à la conscience du sujet malgré lui, comme en dehors du sujet, comme s’il était parasité, commandé à distance ».
Echo de la pensée : patient qui a l’impression que sa pensée n’est pas exprimée librement. L’impression que les autres savent ce qu’il pense et que sa pensée va être répétée. On retrouve ce phénomène au début de psychoses délirantes.
Echo de la lecture : Perception auditive quand il lit à voix haute les mots suivants. Comme si quelqu’un a coté lisait le texte avec quelques mots d’avance.
Commentaire d’actes : Le patient entend pendant ou avant qu’on exprime verbalement ce qu’il fait. « il va au lit », « il va manger »
Cette troisième typologie est plus présente chez le schizophrène. Il va en effet avoir l’impression qu’on lui vole ses pensées, que d’autres personnes peuvent lire dans ses pensées, qu’une force extérieure le fait agir.
On peut retrouver également des hallucinations chez une personne qui a des difficultés à faire un deuil, et qui ressent alors le défunt, sa présence, ses habitudes. On peut parler dans ce cas de revenants (en psychologie = disparus dont le souvenir douloureux est toujours présent chez les vivants et révèlent la difficulté du travail de deuil. Les revenants ne sont plus alors des morts qui viennent nous hanter (mythologie), mais ce sont plutôt les vivants qui veulent ressusciter le mort. « Cela va parfois jusqu’à l’inviter à prendre possession de soi : nous connaissons tous des vivants qui semblent habités par un mort qu’ils ont connu, au point de s’habiller, de parler, ou même d’agir comme lui. C’est cela, être hanté par un revenant : parler subitement avec les phrases d’un disparu, ou bien adopter quelques instants ses intonations, ses mimiques ou même ses colères, ou bien encore s’habiller, sans même s’en rendre compte, exactement comme lui à l’occasion d’un événement familial. De telles attitudes n’ont rien d’exceptionnel. Le problème est que si des revenants prennent trop souvent possession d’un parent, les enfants de celui-ci risquent bien de se retrouver hantés à leur insu par un fantôme…» (S. Tisseron,2007) )
Vous pensez, vous ou un ami, être atteint d’hallucination, c'est-à-dire que vous voyez ou entendez des choses que les autres ne voient ou entendent pas ? Un conseil, n’hésitez pas à en parler à votre médecin. Entendre des voix ne veut pas dire que vous avez des démences, ou que vous allez devenir schizophrène ou avoir des états maniaques. Mais, il faut savoir que ces « voix intérieures » peuvent prendre l’allure d’ordre dicté, comme celui de se suicider. Donc si vous connaissez un proche qui vous semble halluciner, n’hésitez pas à le lui en parler, à lui poser des questions et à le pousser à consulter un médecin. Certaines hallucinations peuvent faire tout de même l’objet d’urgence médicale.
Sources :
G. Lavallée (2001) Le potentiel hallucinatoire, son organisation de base, son accueil et sa transformation dans un processus analytique : revues française de psychosomatique. N°19 (pp123/144)
S. Tisseron (2007) La transmission troublée par les revenants et les fantômes : Cahiers critiques de thérapies familiale et de pratiques de réseaux. N°38 (pp29/42)
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